DÉCRYPTAGES DES TENDANCES ET ENJEUX DES CLINIQUES ET HÔPITAUX

1 déc. 2017 110 vues

Bionettoyage au bloc : un rempart au risque infectieux

La 7e édition de la semaine de la sécurité des patients, organisée du 20 au 24 novembre 2017 réaffirme l’importance de la lutte contre les risques infectieux pour l’ensemble des acteurs du système de santé. Un enjeu crucial dans les blocs opératoires, les plus exposés.

SÉCURITÉ DES PATIENTS

Environ 5 % des patients qui séjournent à l’hôpital y contractent une infection, selon une étude réalisée en 2006. Un chiffre qui place la France dans les limites basses des résultats européens. « Il atteignait 15 % il y a une vingtaine d’années, précise Marc Levesque, en charge des blocs opératoires à la Maison de Santé Protestante de Bordeaux Bagatelle, à Talence. Il varie selon les régions, les établissements et le type de patients, mais la moyenne actuelle se situe plutôt à 2 %. »

TROIS ZONES DE RISQUES

Selon l’enquête nationale sur les « événements indésirables liés aux soins » réalisée en 2009, les atteintes les plus graves pendant l’hospitalisation sont le plus souvent associées à des actes invasifs, majoritairement des interventions chirurgicales. « Un constat logique dans la mesure où la rupture de la barrière cutanée favorise l’infection, note Marc Levesque, qui distingue dans les blocs opératoires trois zones de risques. Il y a d’abord la zone d’accueil, où l’on contrôle les entrées du personnel, des patients et des matériels, ainsi que leur conditionnement. Ce dernier doit être adapté à la zone intermédiaire, un espace de circulation sous air contrôlé. La salle d’opération constitue la zone à hauts risques. Elle est placée en surpression pour éviter toute arrivée d’air extérieur. L’air y est  filtré et renouvelé en permanence et le port du masque est imposé. »

DES PROCESS BIEN DÉFINIS

Dans le bloc, les règles d’hygiène sont différentes et les procédures de bionettoyage adaptées. « D’où l'importance de pouvoir se reposer sur le savoir-faire d’une société spécialisée, qui forme des professionnels de l’hygiène aux besoins de l’établissement, et ce dans la durée afin que s’instaure une relation de confiance avec le personnel soignant. La clé de la réussite, c’est de se mettre d’accord sur le process et les résultats attendus. Au  final, le fait de sous-traiter le bionettoyage simplifie beaucoup les schémas décisionnels et le suivi économique de ce poste. » À la Maison de Santé Protestante de Bordeaux Bagatelle, les équipes d’Elior Services Santé interviennent ainsi en début et en fin de programme, ainsi qu’entre chaque intervention, ce qui implique une bonne coordination. « Nous maîtrisons le volume d’interventions, mais pas leur durée, ce qui suppose une certaine souplesse de la part des équipes de bionettoyage, en charge de plusieurs blocs. Les échanges sont quotidiens et nous attendons aussi des intervenants qu’ils sachent évoluer dans leurs pratiques. C’est pourquoi ils participent au Comité de lutte contre les infections nosocomiales de l’établissement. L’éducation permanente des différents acteurs et les retours d’informations sont déterminants dans la prévention des risques. »

DIMINUER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL

Le développement de la chirurgie ambulatoire va-t-il augmenter ces risques ? « La pression sur le plateau technique est la même, afirme Marc Levesque, le protocole de bionettoyage aussi, et le risque finalement moindre puisqu’on y reste moins longtemps », les techniques d’intervention étant moins invasives. Parmi les marges de progression identifiées : la recherche sur des matériaux qui faciliteraient toujours plus le bionettoyage et auraient moins de prise aux microrayures. « Le défi réside surtout dans la diminution de l’impact écologique du bionettoyage, estime Marc Levesque, en privilégiant la désinfection à base de vapeur d’eau pour limiter le recours aux produits chimiques et en développant des alternatives aux produits à usage unique, qui génèrent trop de déchets. » 

 


À SAVOIR

Les missions du coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins sont précisées par le décret n° 2010-1408 du 12 novembre 2010. La mise en œuvre de la check‐list « Sécurité du patient au bloc opératoire » (version 2011-01) est exigible en France depuis 2010 dans le cadre de la certification.

À LIRE

La Haute Autorité de Santé a publié en mars 2015 « Ce qu’il faut savoir sur l’évaluation de la démarche qualité et gestion des risques au bloc opératoire », qui s’appuie sur le Manuel de certification des établissements de santé V2010 (janvier 2014) et est téléchargeable sur www.has-sante.fr. 

Abonnez vous à notre newsletter mensuelle
Notre sélection
Le relationnel au service du soin Ramsay Générale de Santé propose a ses patients une offre hôtelière, constituée de trois gammes de...Lire la suite
Récemment
Hôtellerie de santéIsabelle Bielli Nadeau, directrice de la clinique des Cèdres à Brive-la-Gaillarde partage sa vision de...Lire la suite